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 Restaurant "l'Académie" place Cappel - SEDAN
Café de philosophie

"Bâtir sa ville, bâtir sa vie..."
Animé par Didier MARTZ,..

Une façon de prendre et de donner la parole sur le thème de »Bâtir la ville »

En fait, tout a commencé en 1996 à Reims lors de la mise en place du «MAIS DES PHILOSOPHES» manifestation restée dans les mémoires des philosophes avertis et des autres. A cette occasion, 600 personnes sont venues écouter la bonne parole, participer aux débats et surtout trouver un autre mode de communication et de dialogue ... Bref ils ont philosophé ... Didier Martz, l'un des organisateurs, n'a pas voulu en rester là et s'est lancé dans l'aventure «Café de philosophie» déjà «testée» dans quelques bars parisiens branchés ...
Pour cela, il rencontre un samedi de chaque mois une cinquantaine d'habitués, de curieux et de néophytes au cours d'un «Cinq à sept» original et intense. Cela se passe à Reims, au Café Henri IV dans le quartier des Halles, mais aussi à la Villa Bissinger à Ay ou encore à Sery et à Charleville. Les thèmes abordés sont variés et ambitieux parfois polémiques ou provocateurs :
«L'Amour», «La Mémoire», «Internet ... la fin de l'écrit» mais aussi «Erotisme et pornographie» et «Loft story ... et après» ...
A Sedan, il sera question de «Bâtir la ville - Bâtir la vie» en accompagnement de la Biennale de la Photographie consacrée à la ville. L'occasion pour un nouveau public de découvrir l'ambiance subtile et conviviale d'un moment d'échange où tout est dans la manière sérieuse de ne pas se prendre au sérieux ....



Catherine Coûtant

Café de philosophie
Bâtir la ville, bâtir la vie
ou la philosophie se penche sur la ville


Qu'est-ce qu'une ville ? Rien. Un assemblage d'un grand nombre d'habitations disposées par rues avec de multiples fonctions et services. Avec des <, aussi : industriel, loisirs, services, historique, institutionnel, nature. Mais quel est le sens de tout cela ? Du début du XIXe'1"' siècle jusqu'aux années 50, c'est un courant de pensée hygiéniste marqué par les luttes sociales qui inspirent les politiques d'aménagement des villes : on bâtit des «villes saines», on rejette les ateliers à l'extérieur, les couches sociales modestes ne tardent pas à les suivre. Vers 1968, ce sera le tour des étudiants. Aujourd'hui on y voit moins clair. Comment lire une ville ? L'idée même de ville semble éclater en ce que Marc Auge appelle des «non- lieux», de multiples non-lieux : lieux de passage, lieux de transit, couloirs de circulation (il n'y a rien à voir), non- lieux parce qu'on ne les habite pas. On les reconnaît à leur dénomination : il s'agit souvent «d'Espaces», espace loisir, espace culture, espace commercial...
Le non-lieu est à l'espace ce que le non-événement est à l'histoire. La surabondance de non-lieux renvoie à la surabondance de non-événements. Trop de lieux tue le lieu ; trop d'événements tue l'événement. Une ville «d'histoires sans histoire». Zapping généralisé où l'on court d'un lieu à un autre : supermarché ou monument historique ; d'un événement à un autre : animation commerciale ou manifestation culturelle. Car il faut «bouger la ville» comme ils disent.
Dans ces Babel (confusion) modernes, l'homme oublie l'espace, le temps - celui qu'il fait aussi : le froid, le chaud, II oublie la nuit écrasée par les lumières de la ville. Il finit par oublier qu'il est citoyen. Un récent sondage paru dans le journal local interrogeait les individus sur de multiples sujets sauf un : leur participation à la vie de la cité. Le risque est grand de voir le lieu politique devenir lui aussi un «non-lieu».



Didier Martz
Le Temps qu'il fait... dans les consciences n°10 La Ville, janvier 2001.


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