Accueil Edition 2006 Les artistes de l'édition 2006 Bernard Plossu





 

.: Bernard Plossu




Bernard Plossu
Marseille

En juillet 1991, la Régie des Transports de Marseille proposait à Bernard Plossu de photographier la ville depuis un autobus. On imagine combien ce point de vue mobile, cette circulation au gré des lignes dans les quartiers d'une ville méditerranéenne ont pu séduire ce photographe de l'errance, lui qui photographia la Mission Transmanche depuis un train et l'architecture de Jacques Hondelatte depuis un bus bordelais.

Le résultat de cette commande est une série d'instantanés pris à la volée : des paysages qui passent, des voyageurs de dos qui les masquent en partie, des corps qui évoluent sensuellement entre lumière et ombre, la chaleur qui pèse sur les nuques, les chaos qui font danser les images, des femmes belles parce que le photographe les aime, des moments uniques parce que, assurément, le photographe le sait.

En marge de ces images qui conjuguent, comme toujours chez le photographe, légèreté et profondeur, innocence et malice, une vidéo, réalisée par Hédi Tahar pendant les prises de vue en autobus, nous permet de confronter les photographies avec le moment de leur réalisation, de nous délecter d'un Plossu dansant d'une fenêtre à l'autre avec une avidité de voir et un bonheur communicatifs. En voix off, il nous confie quelques réflexions sur sa manière de travailler : propos à la fois poétiques et spontanés, improvisés sur le ton de curiosité amusée qu'il adopterait pour narrer une anecdote vécue le matin-même au marché. Il se livre ainsi à un éloge des chauffeurs marseillais qui lui ont appris la ville (près de laquelle il devait s'installer un an plus tard), il s'explique sur sa boulimie de voir et sur l'apprentissage du « dé-voir », sur son goût pour les « villes chaudes », pour les « photographes féminins » comme Boubat ou lui-même qui sont « des danseurs de ballet », sur la nécessité morale de rendre en les montrant les images qu'on a prises... Ce qui émerveille peut-être le plus au terme de cette isite dans les coulisses du reportage, c'est de voir l'instinct en action et de constater que le mystère de la création reste entier.


J.-C. F.

..............................
[«Son C.V.»]






Print Imprimez cette page / Print this form


.:: Contact :: Copyright © 2004 - 2005 urbi orbi - Sedan Renaissance ::.