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.: Colette Hyvrard




Colette Hyvrard
Les couleurs de Sedan

Pour faire court, disons que Colette Hyvrard est une magicienne de la récupération, une alchimiste qui a le don mystérieux de transmuter les rebus de notre civilisation, les scories de nos vies privées en spectacles oniriques, en monuments orgueilleux, en stèles défiant le temps. Deux cannettes et un reste de carton d’emballage trouvés place de l’Etoile et c’est l’Arc de triomphe qui se dresse ; quelques notes griffonnées sur un papier qu’elle ramasse sur le trottoir et c’est tout un roman qui prend son essor.

Mais la magie suppose des règles strictes : entre autres celle de n’employer que des éléments trouvés sur place. À Sedan, Colette Hyvrard n’a pas dérogé à ce principe, travaillant avec le patrimoine industriel de la ville, c’est à dire avec la mémoire de ses habitants. À la fabrique de tapis réputée pour son « point de Sedan », elle a emprunté des fiches manuscrites de listes de couleurs et des cartons perforés utilisés pour programmer les métiers à tisser . À la manufacture de Dijonval fondée au XVII ème siècle, elle a emprunté des échantillons de ce « drap de Sedan » épais et gratté selon une technique spécifique, qui fit la prospérité de la ville. Réinvestissant la notion héraldique de « couleurs » de la cité, habituellement liée à la domination politique, elle lui confère une valeur symbolique nouvelle, associée au travail des habitants, pour créer des bannières qui flottent librement au vent dans la ville. Y sont imprimés, très agrandis, des dénominations des couleurs de tapis et les monochromes vifs des échantillons de drap.


Par ailleurs, elle a réalisé d’étranges et incertaines vues de paysages prises à travers des cartons perforés servant à la réalisation du tapis orné du motif du « Sanglier des Ardennes », vues qu’elle associe en diptyque avec la photographie du carton lui-même.

En faisant un libre usage des outils liés au travail du textile, Colette Hyvrard les exhume de l’oubli où ils sombraient et nous oblige à les considérer non simplement comme des curiosités charmantes vouées à quelque musée des traditions populaires, mais comme les emblèmes toujours vivant d’une histoire et d’une identité dont tout sedanais est dépositaire.

J.C.F

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[«Son C.V.»]





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